
« L’improvisation, pour moi, c’est l’art d’écouter. C’est ne jamais cesser d’écouter ni d’observer, ni même de penser en jouant. Improviser, contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, est une sorte d’action “en creux”.
Ce qui guide une improvisation, c’est tout un monde de relations entre soi, les autres, des images, des sensations, et aussi des pensées, qui proviennent de notre état d’ouverture, ici et maintenant.Penser-Parler-Bouger depuis ce monde-là.
Je travaille l’improvisation dans le jeu depuis longtemps, bien avant de me laisser emmener vers l’écriture improvisée.
C’est ce travail que je voudrais tenter de transmettre. Par des exercices ou des jeux physiques, vocaux, et par le travail d’écoute et de relation à soi et aux autres, à travers un texte ou sans texte, parvenir à identifier ses appuis, à reconnaître des chemins, à atteindre un état propice à la “grâce” d’improviser.
Je propose d’accompagner chacune et chacun dans sa propre démarche, vers ses propres motifs, ses propres langue, grammaire, imaginaire… »
Marie Payen
« Où commence le théâtre ?
S’il y avait théâtre dès lors que l’on est en présence d’un corps qui joue, et d’un corps qui regarde ? C’est l’hypothèse que nous avons faite Marie et moi, et qui nous a conduite à proposer des spectacles aux équipes minuscules : sans auteur, sans metteur en scène, sans équipe ni plateau techniques.
Regarder l’acteur qui joue, c’est tout ce que je sais faire. Et c’est tout ce qui me passionne. Regarder et recevoir. En admettant que ce qui est reçu déborde des cadres du théâtre et modifie la vie. Il est des mots que l’on n’entend plus jamais sans qu’ils ne nous ramènent, avec une certaine mélancolie, vers la bouche des acteurs qui les ont prononcés. Refaisons le monde : voilà le programme. »
Leila Adham