Histoire d’une maison

Marie-Hélène et sa fille Catherine, Pernand-Vergelesses, 1929
XVIIIe s.

La maison de Pernand-Vergelesses, construite au XVIIIe s., a appartenu successivement aux seigneurs Berbis de Corcelles, puis à François Guyot, chirurgien aux Hospices de Beaune, enfin à la famille Badoux, boulangers à Saint-Germain-en-Laye.

1925

Achat par Jacques Copeau de la maison où il s’installe avec sa famille, son épouse Agnès et leurs trois enfants Marie-Hélène, Edwige et Pascal. Copeau est souvent absent, pour des lectures ou des mises en scène. A partir de 1941, la maison est le refuge de Copeau qui y vivra jusqu’à sa mort en 1949 : « Ma maison de Pernand est un peu comme une Arche de Noé où je voudrais entasser tout ce qui me parait digne d’être sauvé, tout ce que ma vie pêcheresse ou laborieuse, errante ou sédentaire, a rencontré, effleuré, approfondi... » (J. Copeau, Journal, 1941)

Passionnée de botanique, Agnès va faire des jardins son domaine, un petit paradis pour trois générations d’enfants. Elle créera le jardin à la française d’après un dessin du peintre Théo Van Rysselberghe, ami de la famille, qui fait le portrait des enfants Copeau.

Agnès Copeau au jardin, 1930
1942

Marie Jeulin, dite « La Dadonne », s’installe dans une des maisons attenantes avec sa famille : elle sera pendant plus de quatre décennies la gardienne des lieux, la cuisinière, et la nounou des enfants.

1951

Catherine Dasté, petite-fille de Copeau, et Graeme Allwright se marient à Pernand et s’installent l’année suivante dans la maison familiale. Leurs trois fils y naitront. Graeme produit du miel dans le petit pavillon rebaptisé depuis « chez Catherine ».

Mariage de Catherine Dasté et Graeme Allwright, Pernand, 1951
1955

Jacques Fornier et trois autres jeunes comédiens frappent à la porte de la maison. Ils veulent tenter une expérience de décentralisation théâtrale sur les traces des Copiaus. Ils seront hébergés plus d’un an dans la maison. De ce séjour naîtra le Théâtre de Bourgogne, futur Centre dramatique national

1962

La famille, pour financer l’entretien de la maison, vend les archives de Copeau à la Bibliothèque nationale. Un fonds Copeau est ainsi créé, régulièrement fréquenté par les chercheurs du monde entier.

L’eau courante et le chauffage central sont installés à la maison

1971

Marie-Hélène Dasté et sa cousine Suzanne Maistre, nièce de Copeau, créent avec l’appui d’Anne Gruner Schlumberger, l’association Les Amis de Jacques Copeau. Elle se donne pour missions l’entretien de la maison de Pernand et la publication des Registres, composés d’extraits de textes choisis de Copeau que celui-ci n’a pu   mener à bien. Le premier volume sortira chez Gallimard en 1974. Le 8e paraitra en 2019.

Notre maison, Catherine Dasté, 1999
1980

Catherine Dasté, la fille de Marie-Hélène, organise à Pernand son premier stage de réalisation théâtrale, avec la participation des enfants du village. Le stage donne naissance à une troupe amateur permanente.

Marie-Hélène se battent pour une reconnaissance de l’intérêt patrimonial de la maison de Pernand-Vergelesses auprès des pouvoirs publics.

C’est à cette période que se nichent les deux colombes emblématiques au fronton de la maison.

Deux colombes voyageuses

En 1913, Maria Van Rysselberghe, adresse à son ami Copeau une carte postale de Florence reproduisant deux colombes gravées sur un pavement de l’église San Miniato. Les deux colombes de Florence deviennent l’emblème du Vieux-Colombier.

Elles accompagnent Copeau et sa troupe lors de leur séjour new-yorkais.

Elles les suivront jusqu'en Bourgogne, où elles s'installent au fronton de la maison de Pernand-Vergelesses, et dans le village, sur les façades des maisons où vivaient des Copiaus.

1985

La maison est inscrite à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques.

1989

Catherine Dasté crée les Rencontres Jacques Copeau, un petit festival préfigurant un projet de Centre européen de création théâtrale, qui mêle causeries, spectacles et festivités. Sept éditions verront le jour.

1992

L’architecte Paul Chemetov construit un bureau bibliothèque à l’emplacement de l’ancien poulailler.

Catherine Dasté devant la bibliothèque Chemetov en construction, 1995
2004

Catherine Dasté vend la maison au comédien et chef de troupe Jean-Louis Hourdin. Figure importante de la décentralisation, ancien élève du TNS, Jean-Louis Hourdin veut en faire un « abri poétique et fraternel », lieu de création et de transmission.

Catherine dépose aux archives de Beaune un ensemble important d’archives familiales et professionnelles provenant de l’activité de plusieurs membres de la famille Copeau-Dasté.

2009

Fondation de l'association Maison Jacques Copeau pour donner vie à ce projet.

2014

La maison reçoit le label Maison des Illustres.

2021

Jean-Louis Hourdin cède la maison à l'association Maison Jacques Copeau. Le projet aujourd’hui plonge ses racines dans cette riche histoire pour offrir un abri poétique où se croisent artistes, étudiants, habitants, publics...

2023

Un ensemble d’objets emblématiques, parmi lesquels trois masques fabriqués et joués par les Copiaus, sont protégés au titre des monuments historiques.

2025

Lancement d’un grand chantier de réhabilitation-transformation de la maison.

La maison Jacques Copeau, 2024