
Histoire d’une maison
La maison de Pernand-Vergelesses, construite au XVIIIe s., a appartenu successivement aux seigneurs Berbis de Corcelles, puis à François Guyot, chirurgien aux Hospices de Beaune, enfin à la famille Badoux, boulangers à Saint-Germain-en-Laye.
Achat par Jacques Copeau de la maison où il s’installe avec sa famille, son épouse Agnès et leurs trois enfants Marie-Hélène, Edwige et Pascal. Copeau est souvent absent, pour des lectures ou des mises en scène. A partir de 1941, la maison est le refuge de Copeau qui y vivra jusqu’à sa mort en 1949 : « Ma maison de Pernand est un peu comme une Arche de Noé où je voudrais entasser tout ce qui me parait digne d’être sauvé, tout ce que ma vie pêcheresse ou laborieuse, errante ou sédentaire, a rencontré, effleuré, approfondi... » (J. Copeau, Journal, 1941)
Passionnée de botanique, Agnès va faire des jardins son domaine, un petit paradis pour trois générations d’enfants. Elle créera le jardin à la française d’après un dessin du peintre Théo Van Rysselberghe, ami de la famille, qui fait le portrait des enfants Copeau.
Marie Jeulin, dite « La Dadonne », s’installe dans une des maisons attenantes avec sa famille : elle sera pendant plus de quatre décennies la gardienne des lieux, la cuisinière, et la nounou des enfants.
Catherine Dasté, petite-fille de Copeau, et Graeme Allwright se marient à Pernand et s’installent l’année suivante dans la maison familiale. Leurs trois fils y naitront. Graeme produit du miel dans le petit pavillon rebaptisé depuis « chez Catherine ».
Jacques Fornier et trois autres jeunes comédiens frappent à la porte de la maison. Ils veulent tenter une expérience de décentralisation théâtrale sur les traces des Copiaus. Ils seront hébergés plus d’un an dans la maison. De ce séjour naîtra le Théâtre de Bourgogne, futur Centre dramatique national
La famille, pour financer l’entretien de la maison, vend les archives de Copeau à la Bibliothèque nationale. Un fonds Copeau est ainsi créé, régulièrement fréquenté par les chercheurs du monde entier.
L’eau courante et le chauffage central sont installés à la maison
Marie-Hélène Dasté et sa cousine Suzanne Maistre, nièce de Copeau, créent avec l’appui d’Anne Gruner Schlumberger, l’association Les Amis de Jacques Copeau. Elle se donne pour missions l’entretien de la maison de Pernand et la publication des Registres, composés d’extraits de textes choisis de Copeau que celui-ci n’a pu mener à bien. Le premier volume sortira chez Gallimard en 1974. Le 8e paraitra en 2019.
Catherine Dasté, la fille de Marie-Hélène, organise à Pernand son premier stage de réalisation théâtrale, avec la participation des enfants du village. Le stage donne naissance à une troupe amateur permanente.
Marie-Hélène se battent pour une reconnaissance de l’intérêt patrimonial de la maison de Pernand-Vergelesses auprès des pouvoirs publics.
C’est à cette période que se nichent les deux colombes emblématiques au fronton de la maison.
Deux colombes voyageuses
En 1913, Maria Van Rysselberghe, adresse à son ami Copeau une carte postale de Florence reproduisant deux colombes gravées sur un pavement de l’église San Miniato. Les deux colombes de Florence deviennent l’emblème du Vieux-Colombier.
Elles accompagnent Copeau et sa troupe lors de leur séjour new-yorkais.
Elles les suivront jusqu'en Bourgogne, où elles s'installent au fronton de la maison de Pernand-Vergelesses, et dans le village, sur les façades des maisons où vivaient des Copiaus.
La maison est inscrite à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques.
Catherine Dasté crée les Rencontres Jacques Copeau, un petit festival préfigurant un projet de Centre européen de création théâtrale, qui mêle causeries, spectacles et festivités. Sept éditions verront le jour.
L’architecte Paul Chemetov construit un bureau bibliothèque à l’emplacement de l’ancien poulailler.
Catherine Dasté vend la maison au comédien et chef de troupe Jean-Louis Hourdin. Figure importante de la décentralisation, ancien élève du TNS, Jean-Louis Hourdin veut en faire un « abri poétique et fraternel », lieu de création et de transmission.
Catherine dépose aux archives de Beaune un ensemble important d’archives familiales et professionnelles provenant de l’activité de plusieurs membres de la famille Copeau-Dasté.
Fondation de l'association Maison Jacques Copeau pour donner vie à ce projet.
La maison reçoit le label Maison des Illustres.
Jean-Louis Hourdin cède la maison à l'association Maison Jacques Copeau. Le projet aujourd’hui plonge ses racines dans cette riche histoire pour offrir un abri poétique où se croisent artistes, étudiants, habitants, publics...
Un ensemble d’objets emblématiques, parmi lesquels trois masques fabriqués et joués par les Copiaus, sont protégés au titre des monuments historiques.
Lancement d’un grand chantier de réhabilitation-transformation de la maison.